7.
étant enfant et marchant au bord de la mer
j’étais effrayé de voir accourir les vagues
plus hautes que mon enfance et si carnassières
qu’elles semblaient vouloir me prendre en leurs mâchoires
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sur le sable je les voyais venir mourir
et m’étonnais qu’elles ne montent pas plus près
pour m’attraper d’un coup de langue me saisir
m’entraîner dans leur ventre où je disparaîtrais
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et aujourd’hui que j’ai grandi et que je marche
d’un air fier au bord de la mer et que ma marche
a fait le tour du monde je voudrais encor
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avoir l’étonnement que j’avais en ce temps
redevenir semblable à l’enfant qui prétend
que cette onde n’accourt que pour manger son corps