Mettre les points sur les i, c’est accorder aux choses leurs grains de beauté. Leur assurer une existence, une individualité. Énoncer clairement, c’est m’accorder l’ immunité contre le cahot, c’est me permettre de m’assoir sur une chaise qui n’aura pas trois pieds, c’est s’assurer ma stabilité.
Ma fantaisie est trop lâche, elle ne joue plus à dénouer les nœuds du silence. Un corbeau a avalé les noyaux que j’avais déposé sur son chemin pour la guider. Il se reconnaitra, il a croassé partout que j’étais un méchant parce que je voulais me réserver et les fruits et l’arbre et le soleil.
Mon imagination se perd et devient folle à suivre les pistes qui ne mènent nulle part, à ne plus reconnaître ton cœur, à ne plus entendre ta respirations. Elle a les nerfs à vif, elle est comme le câble électrique sans gaine, comme l’os sans cartilage, usée de se perdre dans les forêts touffues du doute.
Mon œil est inquiet, ma raison n’est jamais là où elle devrait.
Crois-tu que ce soit un hasard si Van Eyck est né dans mon pays ? Ici, on aime jusque dans les moindres détails. On ne rend grâce qu’à ce qui est précis. Clair. Évident. Mêmes les seigneurs et les Saints ont des rides. On ne conçoit que le concis. On ne prévoit que la pluie.
S’il te plait de lire les textes que je n’aurai encore fait disparaître, par dépit, il me plairait de savoir ce que tu en penses. Si tu ne trouves pas de mots(cela arrive), dépose quelques fleurs ou une feuille ou ce que tu auras sous les doigts pour exprimer ton état. Je m’engagerai à ne plus saccager les mausolées et les tombes, à ne plus t’assaillir de bombes.
Ah! la première phrase, magnifique!