Opale

porcelaine
Je t’envoie la lettre qu’il te reste à écrire, l’opale irisé d’une feuille de papier, la mie de pain, la main blanche et glacée découpée dans un fabuleux glacier, ses éclats de rire dans l’eau. Je t’envoie des pensées rassemblées dans les draps amidonnés de grand-mère, les plis confortables de la nappe du dimanche rangée dans l’armoire avec beaucoup de soins. Je t’envoie la caresse de la fleur, ses pétales, sa corole et ses feuilles. Je t’envoie un souvenir récolté par le hasard dans le fond d’un tiroir, l’oubli et son ruban au quel tu étais rattaché. Je t’envoie une tranche de vie, la nourriture qu’on laisse fondre sous la langue, le pas dans la neige, le souffle d’amour sur ta peau. Je t’envoie la partie douce et légère du silence.

Beague Vincent

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