Non, bien évidemment, il n’y a rien de personnel dans les bribes que je laisse. Comment pourrais-je m’y reconnaître?
L’écriture me renouvelle, par elle, s’opère ma mutation. Oui, je mue. Je change les choses et les choses me modifient sensiblement.
Comme n’importe quel reptile, comme certains de ces insectes, comme le fruit mûr qui quitte sa bogue, je me défais de ce qui fut peut-être une partie de moi. Je me défais de ce qui me touchait, touchait ma chair, ma vérité. Pour écrire, il faut savoir s’abandonner, abandonner, se défaire. Se donner. Se perdre.
S’il l’on veut continuer une existence, il faut s’en inventer une autre. Continuer à changer de peau. L’écrivain est un mutant. Un reptile extensible, un boa constrictor. En construction permanente ou au bord de la faillite.
Hier, j’avais lu ça avant d’écrire le texte ci-dessus
