il m’a été donné de tremper mon biscuit dans un thé délicieux: l’expo Hareng Saur au SMAK. Je la conseille aux amateurs de dérision et de féérie. L’art contemporain lu au travers de l’oeuvre d’Ensor donne à certaines œuvres une dimension que je ne leur aurait soupçonnée. Déboulonner de leur socle des thèmes aussi sérieux que la mort, le mensonge et la duperie, la souffrance, la vie, l’Art lui-même sont les quelques traits d’Ensor que j’aime retrouver en d’autres artistes. Se juxtapose aux mythes et aux belles théories, un carnaval tout en couleur de questions affolantes et amusantes. La bataille des éperons d’or se hisse au même plan qu’une baignade à Ostende. La quotidienneté devient un spectacle orchestré, ce que je classe dans mes souvenirs devient le chapitre d’un livre, ce qui est humain devient vain, animalesque. Plus rien ne m’ empêche plus de voir les humains comme de drôles insectes. L’autopotrait est une auto-dérision. Quel est le rôle, le pouvoir que détiendrait l’artiste sur la vie? Cette exposition laisse dans mon esprit, ainsi qu’un carnaval quand il est fini, quelques confetti joliment colorés.