C’est assez

©Alexis Rosenfeld

Toutes les vagues hissent un peu de bleu frais et profond
tout ce qui peut
remplir les yeux fatigués presque secs

toutes les vagues se nourrissent d’eau froide
expirent plusieurs fois
toutes les trente secondes un souffle
un panache

toutes les vagues errent privées de nageoire caudale

comment atteindre les nuées
qui naissent
des abysses

tant de chants abandonnés d’appels auxquels plus aucun membre du troupeau ne répond

toutes les vagues finissent au large

confondant tous les derniers remous

les derniers sifflements les derniers cliquetis

avec une panoplie d’ossements 

Ton baiser

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Il est comme s’il

était un

millième de toi-même

a résolu toutes les parties

vides de moi

même

si tu ne le crois

 

autant de fois l’aube

la volupté et le bruit

de l’eau

porté par le vent

 

à la commissure de l’âme

ton jardin comme une main

tendue à la beauté

pour se ravir de ton corps

et le manger

la nuée

nouée à la Méditerranée.