
Aujourd’hui encore le vent
S’impose à l’orchestre
Arbres hauts bois
Harpes
Fleurs futaies
Tellement d’instruments à vent
Pour recueillir la petite voix piaffante
De la source
Masquée sous un manteau
Sombre violant de feuilles folles
Quelques gouttes un piano
S’évapore avant l’orage
Un criquet se tait inquiet
Attend l’instant où brusquement
Tous suspendent leur souffle pour
Tenter sa caresse langoureuse
Archer corde sensible et
Au loin un village
Qui appelle ses fidèles

Aujourd’hui encore regarder le monde
Le vent en dentelle se délite en atteignant les rives
Aucune blessure à effacer juste une colère sourde qui s’écoute
Errance stagnation une partie de l’île
Plonge
Le cap: être un cétacée

Aujourd’hui encore
C’est le vent qui occupe l’entièreté de l’espace
Dénoue les chevelures nuageuses
Le troupeau des vagues galope
le mors aux dents
Se disloque dans les feuillages d’argent de l’olivier
Sa voix son corps comme celui d’un serpent
Imposent un silence
De froissements d’étoffes et de flammes qu’on étrangle
L’air que l’on respire aspire à l’embrasement
Et
Tous les jours un peu plus
Les hampes florales des agapanthes
Ploient et se penchent vers un néant
Où l’on avorte les fleurs
Dans l’espoir de survivre

Aujourd’hui
Encore la mer meurtrie
Écume
Les rochers à la robe baie
Se cabrent
Ruent
Les crinières noires calligraphient
Vaguement les syllabes
Tempétueuses de mots qui ne veulent
Plus rien
Dire