Son corps sur ce qu’il reste du chemin
Son corps comme s’il n’était plus qu’un vêtement poussiéreux
Un homme pourtant tente de mettre l’enfant à l’abri mais lorsqu’il parvient à le saisir par les pieds
on lui tire dessus
Alors
l’homme abandonne
Et moi j’attends j’espère la main de l’enfant sur mon front sur la partie la plus douce de mon museau
Sa main s’agrippant à mes crins pour vaincre la peur
Ses petits talons contre mes flancs
J’espère qu’il sente encore à ses côtés le souffle chaud de mes naseaux
Mais tu tires
Les jambes le torse la tête
Tu préfères la tête
Alors
Moi l’âne auquel on donne volontiers des coups de bâton pour le faire avancer
Je tourne la tête et te regarde
Toi le soldat le tireur d’élite
Toi l’assassin le criminel le génocidaire
Je te regarde et me demande
pourquoi jamais
tu ne refuses d’obéir
