

Je me suis brisée le jour où je suis tombée de mon enfance. On m’avait poussée à devenir adulte. Je n’ai pas voulu souffrir de ces mêmes rages. Mes mots ont choisi ce jour-là, une autre voie. Mes rêves ont fait semblant d’être morts. Mon corps a continué de grandir malgré la faille et sans moi.
On ne pourrait plus dire avec le temps, si c’est à ma fracture qu’il est poussé un corps ou l’inverse. Avec le temps mes idées, ont trouvé à se creuser des ramifications. Mes oui, mon innocence ne vivent pas dans les apparences. Cette écorce épaisse et sèche, c’est la vieillesse qui s’entête à me dicter des lois que je n’entends pas. Mon désespoir a perdu son temps à essayer de vous attendrir. Mon ventre aura toujours faim. Je le sais, je le sens.
Mes idées ne sont pas forcées d’habiter là, dans ce tronc. Dans cette coquille de noix qu’on pourrait trouver laide. D’ailleurs, on le voit, plus personne n’habite cette dépouille. Ce n’est plus un humain qui s’est planté là. C’est l’obstination, le refus. Ma fracture. Mon nON.
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