squale.

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C’est un tigre

Disait on

Mais il semblerait que je sois

Un squale 

Les rayures sur le dos sur les flancs 

Ne sont que les reflets vagues de l’eau 

Le ventre est blanc

la mâchoire ne connaît que la morsure

pour répondre aux maux

aux invasions perpétuelles de mon territoire 

C’est un monstre disait-on

Parce que mon œil est noir et ne semble pas vous voir 

Pourtant je sens le moindre mouvement 

La peur et le frétillement de votre cœur une seule goutte de sang dans l’océan 

Je ne suis plus que chair flasque étoffe fantomatique échouée sur un rocher mélangée à l’écume l’estomac rempli de sable 

Personne n’a l’audace de pleurer ma disparition lente et assurée 

Savez-vous seulement où j’erre de quoi je me nourris où grandissent mes petits 

Rien

 

Comme si tu n’étais plus /vivant tu assistes à tes propres enterrements/ Toujours par petits bouts de phrases/ Tu te sens seul à le savoir/ Un poème impose à tes visages/ les flux flous /des secondes Pas une seule qui réponde à tes questions/
Ton coeur dans sa conque s’ébroue/ On dirait qu’il refuse/ d’avaler par gorgées infimes/ l’éternité d’une vie évidée/ Ce que tu cherches/ n’est plus /depuis longtemps ton rire/ a gravé de ses Quatre lettres les souvenirs.


Source images: ici   Images issues de la série Apparitions, 2012- Roger Ballen © www.rogerballen.com