Pas

source image: là

La forêt 

Brille par son silence 

Je n’entends plus que 

Ta respiration qui glisse 

Au rythme à quatre temps 

Du pas 

Souplement tu déposes 

Sur la terre rafraîchie d’un sous-bois 

Ton ombre géante la mienne si menue

Frôle les feuillages qui tiennent encore aux branches 

Grâce à toi

Jamais plus je ne poserai un pied sur terre 

Si ce n’est celui qui te proposera une nouvelle dérobade .

Un cheval

Sa robe 

Blanche comme le jade

Son œil que souligne l’encre de Chine 

Ses reflets profonds d’argent 

Lui donnent des allures de nuage 

Mais c’est un cheval 

On peut lui toucher le garrot l’épaule le ventre les jambes 

On peut effleurer les crins de la queue et ceux légers de la crinière 

Lui caresser le front le nez les lèvres 

Doucement 

On peut poser la tête sur son encolure écouter le cœur battre 

L’air quand il passe par les naseaux 

On peut le laisser libre ne rien lui dire 

Laisser la brume brouter l’herbe presque bleue dans l’espoir qu’elle devienne 

Un cheval