Libre

 

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Sa chevelure a pris de l’ampleur 

S’écoule sur les sentiers des rongeurs et des petits carnassiers

Sa chevelure d’aiguilles d’épines de fleurs de bruits 

Qu’étoffent les branches et les hampes

Ruissellements de résine et d’ambre jaune 

Fendillent l’écorce 

De l’olivier 

De l’acacia 

monte un parfum or une odeur de soleil mélangée au souvenir crucial de feuilles froissées 

Libre il a choisi de dormir et puis d’attendre et de rêver 

D’entendre quand cela lui chante 

L’infini ondoiement bleu 

De la mer Méditerranée

D’où vient-elle ?

 

Du labyrinthe de ma cervelle 

D’une étincelle et puis d’une autre entre neurones 

Parfois elle descend le long de la colonne vertébrale 

Choisit l’endroit entre les omoplates 

De là elle orchestre la trajectoire de l’angoisse 

Brûlante coulée de lave lente 

Irradie l’ensemble des organes se transforme mue paralyse convulse 

Miraculeusement disparaît mais hante

D’où vient-elle

D’un espace où je ne dispense plus de nom 

Non que je ne le veuille pas 

Simplement 

Ce côté-là de ma planète n’est pas censé se faire effleurer par une quelconque lumière 

Crépusculaire

La nuit tombe 

les vagues s’efforcent 

De refléter les étoiles en éclats 

L’une d’elles 

Plus grosse porte la masse sombre 

D’un nuage 

Ailerons nageoire dorsale noirs

Écume ivoire 

Sur la plage pris dans les filets d’algues mortes 

Un rocher 

Échoué 

L’aube peut-être l’emportera 

Comme l’une 

De ces créatures que l’obscurité invente

Et oublie volontiers quand elle prétend qu’elle avance

Alors qu’elle est là pour dévorer 

Le temps 

Passereaux

Le ciel bleu incendié par les sifflements stridents
d’un étourneau et de son clan

l’olivier partage l’ombre
lueurs et obscurités s’écoulent
sur les troncs les silhouettes
simplifiées des oiseaux
arborent les reflets métalliques

du vert et du noir
se transformeront-ils en pommes de pin

la nuit vient 

Natrix natrix

Natrix natrix- couleuvre à collier-source image: ici

Une à une

Les gouttes glissent 

Du nuage à la mer 

De la mer à la larme

Lovée dans la vallée 

Lente procession de bruissements

Enroulée sur elle-même 

une couleuvre à collier observe 

Se délecte des derniers grammes de chaleur

s’échappant de la roche à la rose

de la rose à l’épine 

Goûte le bourdonnement lointain du romarin 

Du bout de la langue 

Au pas

Un poète est mort 

Et il est dit qu’il aimait écrire 

Au rythme d’un cheval 

Au pas 

En quatre temps 

Et j’imagine les phrases 

Celle qui tend l’encolure et avance le pied droit

Celle qui rejoint l’empreinte de la première

Celle qui soulève la hanche ondule le dos

Celle qui arrondit souplement l’ensemble

Partager le temps d’une telle façon

est plus complexe qu’il n’y paraît 

car l’on ne compte pas les syllabes

on ne chante guère

Les virgules les points sont absents

ou ne figurent dans le texte que dans la phase finale

qui clôture le poème

le remet au pré

ou l’oublie à l’écurie.

De l’autre côté du mur

Msturmel, Public domain, via Wikimedia Commons- Arbuscular mycorrhiza seen under microscope.

Toi tu t’arranges 

Pour alterner  les essences les fleurs les plantes

Tu veilles à ce que les graines sauvages s’implantent que micro organismes racines spores se lient secrètement d’amitié 

Tu aimes chaque insecte reptile volatile
Tous les sauriens  

Mais de l’autre côté du mur 

on répand la terreur

on lâche les chiens

on tue et tu n’y peux rien 

Brume

Basic Doppler effect with moving wave source-https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Doppler_Effect.gif

Un ruban de brume 

Enrobe 

La colline comme la queue du renard polaire 

L’étoile de longue haleine s’est tue

Dissoute

À la surface de l’univers froid

Un halo change de couleur 

Du spectre bleu au rouge

Quelle est finalement la teinte du temps

La couleur de l’éloignement 

Hier, mon cheval

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hier mon cheval

entendait dans les voix du vent

l’affolement incendiaire de l’horizon

ce qui crépitait dans chaque buisson

l’épine ou l’aileron des vagues

sous son pas le rocher grince et la plage s’efface

il aime tant frôler les roseaux

éprouver la feuille frontière entre estuaire ou marécages 

lorsque l’eau du ruisseau mousse 

jusqu’à l’épaule ou caresse le ventre 

Hier mon cheval crinière d’encre folie entre

Les deux oreilles et dans les jambes le galop et la ruade

touchait du bout des lèvres l’immortelle et son parfum sauvage 

La mer colorait ses crins sa robe scintillait comme le sel ou l’étoile qu’il a dans  le regard