Chaos

Au-delà du sens accordé aux mots par ceux qui écrivent les dictionnaires, au-delà des mots qui tentent de donner un sens aux images qui flottent dans mon cerveau, il y a pour moi, un vertige, une étrange sensation, un éternel questionnement. Un doute. Un chaos.

Les mots ont un sens qui me fait parfois chavirer, certains mots me révoltent et me donnent la nausée : ceux qui permettent d’enterrer quelqu’un de son vivant, les maux du préjugé.

Au zoo

Degré de difficulté : 5 étoiles. Pour ceux qui ont le goût du risque et pas la peur du ridicule. Résultats aléatoires.

 

a)     à celui qu’on dirait un boucher, à celui qui nettoie sa voiture tous les dimanches, à celui qui a toujours les mains rouges, à celui qui tire la gueule, à celui qui gare sa voiture sur le passage piétons ou sur le trottoir, à celui qui est toujours bronzé, à celui qui promène son chien, à celui qui fait trop de bruit, à ce facho, non, pas à celui-là, à ce macho, non, pas à celui-là non plus. Enfin, je vous laisse choisir la personne qui ne vous ressemble pas, mais pas du tout.

b)    Faites-lui un signe sympa, un bonjour de la tête ou quelque chose comme ça. Attendez. (pas trop longtemps).

c)     Poursuivez votre journée en pensant finalement que sur les autres vous vous faites des idées.

Les billes

Parfois, il m’arrive de croire que les mots sont des billes colorées qu’on a dans les poches, qu’on les lâche sans vraiment pouvoir maîtriser leurs trajectoires, cela étourdi. Voilà pourquoi mes question flottent indéfiniment…..voilà ce qui me fait peur et m’amuse à la fois, voilà ce qui fait de moi un funambule.

j’avale des couleuvres

Je suis la couleuvre, la vipère ou la chose inoffensive. Ce qui insinue et s’insinue. Ce que j’apprends me sert. Ce que je prends, je le redonne ensuite. Autrement. Les autres, j’en fais des demi-personnages. Ils leurs arrivent même que je leurs attribue le “Je”. Certains jours, c’est le “il” ou le “elle” ou le “vous”. C’est comme vous voulez.
Je peux devenir l’enfant de huit ans, l’ado emmerdant, le violeur, le serial killer, l’amant éperdu, un vieux con pantouflard. Un ange parfois.
Le monde, je le malaxe, je le peins et dépeins, j’ai envie d’en faire autre chose.
Ecrire c’est laisser parler ma pieuvre insaisissable aux mille tentacules, c’est avoir du répit.

À la lisière

Les collines ondulent comme une mer veloutée. Les arbres nouent des vœux ombilicaux avec les cieux. Je marche. Là où je vais, il fait bleu et c’est la musique qui goute à goute s’écoule en cascade.
Ma course est saccadée et mon allure bancale. Je n’ai ni yeux, ni bouche pour parler. Je partage les fonds marins avec les baleines, les poulpes et les puissants courants. Si on me touche, je retourne vers ma coquille. Si l’on veut me prendre, je cours comme le vent.
Je souffle, je soulève la soie des prairies. Je prends racine dans les nuages. Je grimpe aux arbres. Les feuilles sont les promesses de l’arbre faites au jour. Les nervures sont ses phrases.
Vos livres me laissent froid, vos cris me rendent sourd, mais la larme qui perle dans une note m’ouvre tous les chemins. Points par points, de graines en graines, de trait en trait, je pends les secondes. J’étire les rêves, je sens, je me sens devenir peu à peu comme ce tout petit rien qui est à naître, L’arbuste en lisère de forêt  qui cherche sa part de lumière.

Le temps perdu



« On cherche à retrouver dans les choses, devenues par là précieuses, le reflet que notre âme a projeté sur elles,… »Marcel Proust.

Voilà bien une semaine que je réfléchi à cette phrase de Proust où il suggère que notre âme est toujours propulsée par l’élan de se dépasser. On ne se représente les choses pas autrement que par rapport à nous-mêmes, par rapport à nos connaissances, nos émotions, nos sentiments. Peut-on dire qu’ainsi faisant, on se les représente avec justesse et vérité ?

Dans cette même phrase, Proust dévoile que son âme prend plaisir à décortiquer le processus de penser au moyen de l’écriture. Grâce à l’écriture, l’âme de Proust peut étendre ses ramifications, construire une puissante cathédrale qui n’est autre que son roman lui-même.

Au sommet de chacune de ses phrases à me couper le souffle, moi, je découvre une fine et précieuse dentelle. Elle évoque à mes yeux le travail de mon propre cerveau. Pour gravir ses phrases, je dois réfléchir donc construire.

Ma mémoire serait-elle un agencement mental du temps et de l’espace par rapport à mes perceptions et mes émotions ?