En trombe

©BVE

À la cime du cestrum scintillent quelques fleurs
elles semblent répondre au frisson que provoquerait
l’oiseau s’il se posait sur une branche

Dans le pin deux pommes ressemblent au petit-duc scops qui dort

La mer d’un bleu acier ne sait plus vers où mener
le troupeau de ses vagues

Sur tous les chemins de pierre la pluie s’affole
au loin arrivent en trombe
les énormes chariots de l’orage tirés chacun
par huit frisons noirs

Ciels bleus

©cc

Le rocher a fixé à jamais le bouillonnement de sa naissance.
On pourrait s’imaginer qu’il figure les plis d’une vague, les remous d’une tempête.
Cet éclaboussement avec le temps s’est très peu laissé éroder:
ses lignes sont souples, ses profils changent. 

La lumière lui permet d’évoluer, d’écrire ce qu’il veut.

Parfois, il décrit une baie, le sable, la vallée et explique avec lenteur
que le ciel bleu est aussi malléable que la mie du pain chaud sortant d’un four.

Quand le monticole bleu se pose sur l’effervescence la plus fortement formulée,
le rocher soudain fait silence
le profil à lui seul témoigne de ce que s’est d’être un oiseau.

Mieux que n’importe quel chant, sifflement, paroles, le mot solitaire
qui désigne sa personne n’existe pas
Cela,
le rocher le sait fort bien.