À la source

B. VD. Elsacker ©

J’ouvre le livre avec l’espoir de découvrir des flots de lettres, des mots, des phrases, de quoi apaiser mon désordre intérieur mais je ne trouve hélas que des pages mortes. L’éboulement de la matière du texte, de son écriture entraînent des questionnements en chaînes de pourquoi. Tout déborde follement, plus rien n’a de structure si ce n’est le livre source, ses pages aveugles et mes mains muettes. 

Peu à peu, je m’étonne de comprendre que ce glissement de terrain, ce glissement de temps ne sont pas la déduction évidente de ce qui se produit si souvent en moi, à cause de moi. Un désordre, une discordance. Quand longtemps je contemple, tout ce que je regarde et admire finit par disparaitre ou par m’envahir et m’éblouir mais là, l’avalanche est au delà, provoquée par une écriture autre et qui ne doit pas être la mienne.

Une écriture ancestrale, dictée de cet instant qui est désormais nulle part. Une voix profonde et grave comme celle d’un mort qui se glisserait sans qu’on s’en aperçoive  parmi ce qui se tient vivant dans le souvenir et la mémoire. Une écriture qui ne compte pas aux yeux de ceux qui ne parlent que du présent parce qu’elle ne parvient pas à faire de différence entre ici et maintenant entre parfois et jamais.  

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