Eaux

L’instant
où j’ai pris pied s’est immédiatement
scindé en plusieurs
pour se laisser dompter par les mots
aux suffixes classificateurs

je n’en connaissais qu’un seul
l’eau
de lumière
du regard
de lune
et de ruisseau
celle par qui parlent les perles
le ciel
l’eau de silence
l’eau de patience
l’eau
de la mer

Toucher terre se fit
comme les algues
toujours il me faut revenir

comme les larmes
parce que ça me fait mal
s’agripper à regret à ce qui ressemble
à une existence aux nuances étranges
inextricables

on se méfie de la confiance que j’accorde sans conditions préliminaires
on ne dénonce pas les mensonges
on rit du malheur de l’autre

L’autre
l’eau tranquille qui tressaille aux pieds des joncs et aimerait
tellement retrouver sa forêt

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