J’écris des poèmes nains.
Mes poèmes mélangent
sous le manteau de l’ange
le miel et le venin.
J’écris des poèmes faits main.
Mes poèmes étranges
troublent parfois dérangent
l’ordre d’hier avec demain.
J’écris des poèmes en forme d’orange
et votre bouche qui les mange
c’est encore moi qui la peins.
Karel Logist m’interpelle joyeusement au travers de ce poème alors que tant d’autres écrivains (sur le net) me laissent vide et ne répondent plus à aucune de mes envies. Son poème me rend généreuse car il me donne matière à jouer. On ne m’impose pas le dédale peu astucieux de phrases bancales, de textes en carton-plâtre.
L’auteur ne m’invente pas des prétextes et ne cherche pas à se dissimuler derrière un processus prétentieux qui permet de servir à ce con de lecteur, tout ce que son cerveau a dégluti sans même se relire. Non, ici, l’auteur est un enfant, un être humain, son écriture est une invitation, un partage. Il se donne à lire.
Ce poème étanche agréablement ma soif (j’en avais besoin). Me donne envie de ce qui est dérisoire, m’invite à changer mon regard, à rire, à sentir, à goûter les mots par pur plaisir. Je pense que certains géants devraient parfois se mettre à lire des poèmes nains faits main.