La mer est si profonde qu’elle semble être une tombe
Elle ne montre qu’une infinité sombre et bleutée
que rien n’émeut même pas la translucidité
de ses eaux légèrement nacrées
Je nage en caressant ses effluves
en craignant les embruns et sa mélancolie
Je ne suis pas tranquille je suis las
La mer est si sombre à tant d’endroits
qu’on ne veut que se laisser fondre dans ses bras
Que je me confonde aux créatures les plus étranges
qui rampent et qui boivent ses courants
ses précieuses liqueurs et ses parfums
Parfois on les voit qui survolent les flots houleux
aux heures où le ciel se noie furieux
La mer ne fait parfois presque pas de vagues
et se répand sur la peau des baies et des plages
comme un tissu de soie
Au loin j’aperçois les oscillations brillantes
de quelques larmes froides
Le vent veut chiffonner les vagues
et puis se mettre à les aimer
La mer se déploie comme un troupeau affolé
un torrent de flammes
la chevelure d’une reine dont on tombe amoureux
Je sens son cœur battre contre les falaises et les rochers
Le ciel trembler et songer mon Dieu que la marée est belle
