J’ai relu Roland Barthes. Dans « le plaisir du texte », j’ai souligné les passages suivants et je les mets ici, pour rappeler ce que certains auteurs semblent avoir oublié.
« est dit écrivain, non pas celui qui exprime sa pensée, sa passion ou son imagination par des phrases, mais celui qui pense des phrases: une Pense-Phrase (c’est-à-dire: pas tout à fait un penseur, et pas tout à fait un phraseur) ».
et puis ça aussi « On dirait que l’idée de plaisir ne flatte plus personne. Notre société paraît à la fois rassise et violente; de toute manière frigide. »
et cela: « l’artiste peut passer à un autre signifiant: s’il est écrivain, se faire cinéaste, développer d’interminables discours critiques sur le cinéma, la peinture, réduire volontairement l’art à sa critique. Il peut aussi donné congé à l’écriture, se soumettre à l’écrivance, se faire savant, théoricien intellectuel, ne jamais plus parler que d’un lieu moral, nettoyé de toute sensualité de langage. Il peut purement et simplement se saborder, cesser d’écrire, changer de métier, de désir. »