Il n’y a rien
si ce n’est l’asphodèle
le bourdonnement de l’abeille
comme une flamme vacillante
au bout de la hampe fleurie
pour masquer les dénivelés
les failles les précipices
il y a la mousse des oxalis
la griffe minuscule de l’asparagus
il n’y a rien
si ce n’est la piste odorante
du ciste de la bruyère de la salsepareille
rien l’empreinte d’un sabot à deux doigts
le grignotement du soleil par le bec d’un oiseau
rien juste les fruits de l’olivier
comme des milliers de pupilles
qui ne vous regardent pas
rien et cet immense piège de lumière
d’ombres à la vie débordante
d’ombres troublantes tissant leurs sentiers
dans les ruisseaux
qui veut les suivre se perd
s’épuise se brise
Il n’y a rien et lorsqu’enfin je m’aperçois
que le chat me regarde
son hostilité sauvage
son caractère si peu apprivoisé
sont presque le réconfort que cherchait
mon errance maladroite