ce poème est comme ce vase
moi
tombé brisé
défait de son ancienne unité
épars le poème
sa seule unité est le bris
a-t-il seulement un jour été
entre mes mains
contenu quelque
chose qui se compare au néant

La nuit est une onde
limpide où viennent s’abreuver
les orées de mes songes et tes idées colorées
comme les faons
je ne traque aucun astre
je laisse s’évaporer les chevaux du vent
vers leurs possibles trajectoires
je sais que c’est toi qui viens là secrètement
entourée de nuages
rire danser murmurer te confier aux silences
mes nuits suivent tes ruisseaux
je me lie aux infimes lueurs et nuances
nocturnes qui s’épousent face à l’éternité