Zébrures

Dans le jardin, la glycine tente d’enlacer et le chêne et le châtaignier: son amour ne connaît pas de limite. Elle imite l’exubérance de la vigne qui va où elle veut. 

Plus discret, le bouleau toujours fringant titille le rosier rugueux. La fougère compte les pieds et les strophes du poème. Elle est la seule à savoir le faire. 

L’ensemble des feuillages s’efforce de reproduire tel que le vent l’apporte le doux bruit des vagues qui naissent ou qui meurent sur la plage. 

Quand il se fait tard, quand tout ce petit monde se rend compte que le jour va s’éteindre, on observe que le velours des mousses sous les doigts d’un rayon de soleil devient pour quelques seconde le clavier d’un clavecin avant de se zébrer d’ombres et de lumières. On entend quelqu’un qui glousse pour alerter le troupeau. 

Au signal, le jardin se tait.