Feuillage du coeur —Maurice Maeterlinck

Par Tucker Collection (New York Public Library Archives) [Public domain], via Wikimedia Commons

Sous la cloche de cristal bleu

De mes lasses mélancolies,

Mes vagues douleurs abolies

S’immobilisent peu à peu :

 

Végétations de symboles,

Nénuphars mornes des plaisirs,

Palmes lentes de mes désirs,

Mousses froides, lianes molles.

 

Seul, un lys érige d’entre eux,

Pâle et rigidement débile,

Son ascension immobile

Sur les feuillages douloureux,

 

Et dans les lueurs qu’il épanche

Comme une lune, peu à peu,

Élève vers le cristal bleu

Sa mystique prière blanche.

Houle

Valloton-LaNuit

N’est-ce pas le silence qui détermine et fixe la saveur de l’amour ? S’il était privé du silence, l’amour n’aurait ni goût ni parfums éternels. Qui de nous n’a connu ces minutes muettes qui séparaient les lèvres pour réunir les âmes ? Maurice Maeterlinck.

◊◊◊

Comme surgissant de la brume

la mer et ses nausées

par vagues se sont emparées

 de mon âme

au milieu des remous

de la foule

j’avais mal au cœur

et l’envie de pleurer

heureusement

pour m’abriter des morsures

et des regards

au bout de mes doigts ses phrases pour avaler mes larmes.