
C’est un tigre
Disait on
Mais il semblerait que je sois
Un squale
Les rayures sur le dos sur les flancs
Ne sont que les reflets vagues de l’eau
Le ventre est blanc
la mâchoire ne connaît que la morsure
pour répondre aux maux
aux invasions perpétuelles de mon territoire
C’est un monstre disait-on
Parce que mon œil est noir et ne semble pas vous voir
Pourtant je sens le moindre mouvement
La peur et le frétillement de votre cœur une seule goutte de sang dans l’océan
Je ne suis plus que chair flasque étoffe fantomatique échouée sur un rocher mélangée à l’écume l’estomac rempli de sable
Personne n’a l’audace de pleurer ma disparition lente et assurée
Savez-vous seulement où j’erre de quoi je me nourris où grandissent mes petits