L’épicier derrière son comptoir
détermine selon les poids aléatoires
des légumes posés sur sa balance
le nombre de pièces qu’il va falloir
sortir de sa poche si l’on veut emporter
avec soi les quelques astres qui nous nourriront
longtemps de leurs saveurs et lumières
Et moi devant l’étal je contemple
les oranges et les citrons et me demande
comme dans un rêve déformant la réalité
lesquels sont intriqués
me suffit-il simplement de regarder
quelle face me montrera le dé
pour comprendre qu’un fantôme
vient de me frôler l’odeur de l’ombre
où dorment fruits et légumes particulièrement
soignés depuis cette éternité et alignés
dans un ordre qui ne laisse rien au hasard