à retenir le ciel
à le laisser fuir au travers de mon corps
par chacun de mes pores
par chacune de mes couleurs
je me sens seul
à porter la lumière
en autant de parcelles
je me sens seul
à maintenir les ténèbres liquides et glacées
à mes pieds
je me sens seul
à ma porte
je me sens seul
à la portée du soleil
et de l’ombre
je me sens seul
à flotter dérisoirement
à contempler les secondes
à les combattre avec des pétales
je me sens seul
à ne plus sentir
ta main
même vieille
même flétrie
même pauvre
même faible
je me sens seul
les petits peuples d’insectes dévorent mon or
dévorent mon cœur et mon âme
je me sens seul
occultant mes efforts
cachant ma nature et ma peur
je me sens seul
à marcher sur les doutes
à transgresser la nuit
je me sens seul
ma solitude est condamnée à se ranger parmi les bribes
au fond de moi
à stagner sur le silence
à s’assouplir comme une ombre
à se laisser oublier.