Il m’arrive bien souvent de comprendre à quoi se rattache mon existence. De mesurer avec finesse, les énormes distances. J’ai beau me tendre de toute mes forces, mes gestes ne sont que poussière. L’écartement de pétales pour le soleil, l’exubérance d’un pistil qui ne peut rien face aux sécateurs mis à la disposition du monde, font soulever les épaules, soupirer en jetant les yeux aux cieux: « mais encore ? ».
Je ne puis rien d’autre que cela, la progression presque muette de quelques pieds, de quelques lettres.
Cela
me désespère.
Non pas l’absence de reconnaissance, je m’en moque. Je ne saurai quoi en faire, si ce n’est la mettre dans ma cheminée pour allumer un quelconque feu.
Mais ma faiblesse. Ma faiblesse.
Cette tyrannique ignorance.