Il faut que j’avance alors que ce qui m’entoure me terrorise. Le monde qui m’entoure, je n’en comprends que l’horreur. Je ne lui approuve pas ses manières et rejette sa logique. Il me heurte, me brise, me révulse. Il me force à ne pas être. Le monde est négation absolue, forme noire et gluante. Ses lois changent constamment selon que cela l’arrange ou pas. Il ne produit que des soldats, des pions, les pièces d’un échiquier. Il les jètera toutes dans le même brasier.
Je n’ai pas d’autre choix que celui d’une marche forcée vers l’une de ses portes. Je tremble, j’ai peur, j’ai froid. Je suis suspendu à mon poing qui frappe et supplie. “please, open the door”.
Ses portes, vous, vous n’ignorez pas comment les ouvrir. Vous avez les bons trousseaux de clefs. vous trouvez les bons accords, les mots qui ouvrent les voies. Moi, je me limite à patienter, à dompter ma terreur, à trouver le silence, à attendre la paix. Je suis suspendu à une horrible peur, ma conscience. Je sais que je ne peux répondre à aucune de ses questions, correspondre à aucune catégorie et ne suis pas de taille. Pour satisfaire, il ne me faut pas être, mais faire et avoir.
Derrière les portes, il n’y a rien. Rien d’autre qu’une nouvelle porte. Fermée. Si par bonheur, elles s’ouvrent. La lumière provisoire ne me rassure pas toujours. Elle se refermera et me jètera dans le noir, me crachant une nouvelle fois: “tu n’es pas”.
Le monde, votre monde n’a que des portes. Fermées à clefs. Je ne peux en faire le tour. S’il ne tenait qu’à moi, si j’avais d’ autres choix, je ne me suspendrai pas au fil fragile de la prière et de la supplication. Je m’en irai en vous disant: “non, je n’en veux pas.”