« On cherche à retrouver dans les choses, devenues par là précieuses, le reflet que notre âme a projeté sur elles,… »Marcel Proust.
Voilà bien une semaine que je réfléchi à cette phrase de Proust où il suggère que notre âme est toujours propulsée par l’élan de se dépasser. On ne se représente les choses pas autrement que par rapport à nous-mêmes, par rapport à nos connaissances, nos émotions, nos sentiments. Peut-on dire qu’ainsi faisant, on se les représente avec justesse et vérité ?
Dans cette même phrase, Proust dévoile que son âme prend plaisir à décortiquer le processus de penser au moyen de l’écriture. Grâce à l’écriture, l’âme de Proust peut étendre ses ramifications, construire une puissante cathédrale qui n’est autre que son roman lui-même.
Au sommet de chacune de ses phrases à me couper le souffle, moi, je découvre une fine et précieuse dentelle. Elle évoque à mes yeux le travail de mon propre cerveau. Pour gravir ses phrases, je dois réfléchir donc construire.
Ma mémoire serait-elle un agencement mental du temps et de l’espace par rapport à mes perceptions et mes émotions ?