Viens-là, dans le creux de mon bras, dans le pli de mon corps, ce petit nid pour toi. J’ai reconnu ta voix à la façon dont tu es sorti de moi. À ton cri, à tes doigts, à tes paumes de batracien, petit cœur, à ce duvet qui faisait que tu es, enfin.
Tu ne seras jamais un de ces gladiateurs, tu seras vainqueur de bien plus tendres combats, petit cœur. Il faudra que tu sois toi, rien que toi, petit cœur. Ta chair est crème et ton odeur est de lait. Ton souffle est si vrai. Pourquoi faudrait-il être seulement si cela plait, prêt à se faire emballé dans la boîte d’un symptôme qui ne ferait de toi qu’un triste fantôme ?
Toi, petit cœur, tu te tiendras debout, tu ne marcheras que sur tes propres pas, habillé par nos rires et nos pleurs de joie. Toi, petit cœur, tu rentreras dans le jour en lui faisant la cour, en lui tirant la langue, en lui vantant ton silence.
Viens-là, petit cœur, tout contre le mien, appose ta petite rose sur la pointe de mon sein. Battons ensemble à ton rythme, laissons-nous vivre en chœur.