L’âme en laine

L’eau est une encre noire et huileuse qui ne fait place qu’au doute. Elle a mis ses mains sur mon épaule et murmure un je t’aime à l’os de la clavicule. Ce qu’elle ne sait c’est que l’intérieur de mon chœur est noirci par les incendies du désespoir. Que ma nef est friable comme la poudre colorée des ailes  du papillon.

L’eau est tentaculaire, elle module  les petit-matins et l’air comme de friands enfants innocents. L’eau est un courant qui me prend par le bras. Viens, ici, toi.

Elle est le bouton de fleur, endormie au milieu du lit, dans la crème de nos draps.

Ce qu’il me faut de force pour fleurir blême, à la surface des lacs. Mon corps est une tige qui ne boit jamais le jour et mes pieds ont trouvé racine dans la vase des nuits. Comme la mie, elle s’offre au silence qui s’en va, qui emporte sa douceur rayonnante sous ses pas. Sa chaleur enfin se déploie.

L’eau est une fleur lisse qui me prend par la main. Entends ses pleurs entre les prairies aux premiers vols des derniers migrateurs.

Elle est elle et tout ce qu’elle est. Moi, je la suis, langoureusement. J’étale à la surface laiteuse des heures affamées, mes feuilles comme des palmes.

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