Je n’entends que sa respiration comme le frottement d’une étoffe entre deux corps nus, une brise calme et presque muette. Le bout de mes doigts devine cette partie de la peau douce et fragile qui se cache dans les plis de l’aine ou du bras ou derrière le genou. Mes sens reconnaissent les parfums d’un corps qui demande. Mes caresses l’ habillent de vêtements somptueux et soyeux.
Le je-le-veux se dresse soudain en moi avec évidence. Il ne me reste qu’à apprendre le cœur brûlé, à naviguer mon désespoir de ne pouvoir être comme elle. Je tends mes voiles et tente d’apprivoiser les forêts incendiées. Elle apaise ou attise en distribuant des baisers ou des soupirs affamés.
Elle est mer qui bouillonne et qui jette ses chevaux dans un fougueux galop. Elle est falaise qui plonge et qui dicte le point ultime et rougeoyant du volcan. Elle féline escaladant mes folies à pleines griffes. La pointe de ma langue tremble en effleurant les remouds de ces juteuses muqueuses. Nos peurs ont découvert le feu pour se damner, se perdre et s’abandonner. Elle frisonne, se donne et laisse en louange autour de son cou la beauté qu’elle vient d’inventer. Rien que pour moi, sur une paume le petit chat ronronne ou rugit, la source chaude bondit ou explose. Elle me promet l’infini, je le goute aux sommets de son sein. Il part et revient, il s’éloigne et me massacre à nouveau.
Mon sexe est pris d’une divine fièvre. Sur les petits remouds de nos désirs enlacés et victorieux, je découvre un rubis. Je poursuis avidement un enlacement de voies savantes et de fils marins. J’entre comme un prince dans sa si belle transparence. Il n’y a pas de faille, de côtes rugueuses et de ces mirages qui éblouissent et rendent fous. Nous sommes l’un dans l’autre et chaque grain de peau est celui de l’autre.