En pensée,

 

Je suis un chat et me glisse dans ces forêts de jambes alignées sous la table d’un buffet qui s’éternise et m’ennuie. Je me faufile entre les troncs de chênes sombres jusqu’à trouver enfin les tiens, deux jeunes bouleaux insolents.

Je m’y frotte en te caressant de mon museau, te chatouillant de mes moustaches comme d’une fine plume. Mon doux pelage se mélange à la suavité moelleuse de ta peau. Sa saveur sauvage affute mes babines, réveille mes instincts de félin. Je ronronne faiblement et m’étire.

Ma patte joue avec quelques ombres et tes si délicieux frissonnements. Je m’ébroue pour ne pas être pris de folie à la vue de toute l’exubérance déployée par ta ramure avec tant de franchise. Je m’échappe, je m’encours et reviens plus doux et plus fugace me nouer à ta cheville, à ton mollet et à ton genou. Je mordille étourdi et lèche de ma petite langue fine et rêche les gouttes de lait blancs perlant au bout de tes doigts divins.

Tes jambes s’entrouvrent et je découvre ton sexe, rose, dans un écrin éblouissant de verdure. De chat je deviens panthère. Dans ta petite clairière lumineuse et brillante d’envie, je réapprends à vivre. Entre les deux rives de tes lèvres, je happe avec folie l’eau limpide de ton fulgurant torrent. Ta main rassure tendrement ma crainte et me permet de cueillir gentiment tous tes fruits, en pensée seulement.

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