tu

 

Sous le drap, son corps nu savoure la nuit et creuse mon appétit. Le sommeil le couvre du fin voile de l’innocence. On dirait un agneau. Ou le biscuit dans le four. Le pain de ses fesses livrerait toute sa mie fraiche dans ma bouche, si je venais à lui donner un baiser. Quelle insolence ! Je vais le mordre en silence. Il dort et lui lune de lait, ne dit mot. On dirait une hostie, que Dieu me pardonne ! Ah cette hanche ! Je lui confesserais tous mes mots !

Sous ma peau, mon cœur bouillonne. A-t-on  idée d’être aussi beau ! Mon désir le découvre sans faire le moindre bruit. Hésite, repart, revient sur ses pas et tourne encore. Je ne suis pas voleur, il se donne. Tant pis, je le mange et ferais de moi une colombe blanche.

Sous ma langue, son corps nu fondrait toute la nuit. Je m’inventerais  des soleils, des torrents et des avalanches. Sa chair, neige pure fait de lui un ange mais le désir est un ogre qui a tout le temps faim.

 Sous sa douceur, sous sa pâleur, enfin je me range, il est vainqueur. Et pour ne pas devoir payer le prix de ma lâcheté, sous le soleil du jour nouveau, je ne dis rien, faisant comme si je n’avais rien fait. Et cette griffe,là, sur son dos ? J’ai haussé les épaules et me suis tu.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.